Adolphe Feder
Aizik Feder, dit Adolphe Feder, est né à Odessa en 1885, dans l’empire russe. Il grandit dans une famille bourgeoise. Il prend part à la révolution « bund » et doit donc quitter la Russie. En 1904, il part pour Berlin, puis pour Genève où il suit des cours à l’Académie des Beaux-Arts. Le peintre arrive à Paris en 1908, et fréquente l’Académie Julian puis l’atelier de Matisse. Il s’intègre rapidement dans la vie parisienne, notamment à Montparnasse où il côtoie Othon Friesz, Modigliani, Jacques Lipchitz. En plus de pratiquer l’art, il collectionne l’art premier et l’art naïf (sa collection sera confisquée pendant la Seconde Guerre mondiale). À partir de 1923, il publie ses dessins dans des revues de gauche et illustre les ouvrages de Joseph Kessel et Arthur Rimbaud. L’artiste est très actif dans la scène artistique russe à Paris, notamment à travers la Société des artistes russes, qui regroupe plusieurs artistes de la Ruche. Comme beaucoup d’autres peintres de l’époque, il voyage dans le sud de la France, ainsi qu’en Bretagne. Feder ira également dans le Pays basque et en Algérie. En 1926, il se rend en Palestine. Pendant l’Occupation, il refuse de quitter Paris. Le peintre est arrêté en 1942, déporté en 1943 et meurt à Auschwitz. Sa femme, qui parvient à s’enfuir, emporte avec elle un album de dessins que Feder réalise lors de leur emprisonnement à Drancy.
Adolphe Feder est un peintre et illustrateur ukrainien de l’École de Paris. Son style est influencé par le fauvisme et la leçon Cézanienne. Dans les années 1920, il reprend les formes du cubisme. L’artiste exécute majoritairement des paysages, natures mortes, portraits et scènes de la vie rurale ou citadine. Il représente le monde des ouvriers, mais aussi la vie traditionnelle. Sa palette est marquée de couleurs chatoyantes. Il réalise également des aquarelles lors de sa détention à Drancy.
Feder participe à plusieurs salons parisiens : Salon d’Automne (1911-1913, 1919-1923, 1925, 1937), Salon des Indépendants (1913, 1914, 1921,1923), Salon des Tuileries (1926). En 1928, il expose également à la galerie Marcel Bernheim (Paris), Galerie Druet (Paris) et à Moscou (1928). Une partie de ses œuvres sont conservées dans différents musées dans le monde, notamment en France (musée national d’Art Moderne), Israël, Suisse, Russie.